Bilan 2017 -Pays de Bray

 

Le site de Neufchâtel est sensible puisque viennent y nicher les derniers couples de Busards Cendrés de Haute-Normandie. Le bilan 2017 est très inquiétant sur l'avenir de cette population dans notre région.

 

Busards Cendrés : 3 nids,

 

1/ ORGE Londoniennes ; les Marettes: Échec : culture couchée , nid abandonné

 

 

2/ BLE Hambures : 1 femelle marquée sous un chantier éolien 5 œufs, 5 petits : 3 jeunes à l'envol

 

 

3/BLE Clais : 3 jeunes à l'envol.

 

 

 

A noter : Présence d'au moins 2 mâles de BC adultes sur la vallée de l'Yères ( Grandcourt) nids non localisés.

 

 

 

Marc Loisel responsable du groupe busard 76 et qui suit le site depuis plus de 10 ans, est très pessimiste quant à l'efficacité de la protection des Busards Cendrés dans le secteur de Neufchâtel telle qu'elle est conduite actuellement. Son constat est sans appel :

 

 

«  continuer dans ce système de protection , ne sert plus à rien. Toutes les tentatives de protection des nids ces dernières années se sont soldés par des échecs. Les BC ont souffert de ces échecs, ils ont complètement désertés la vallée de la Béthune. Ils ne subsistent que dans la vallée de l’Eaulne.

 

 

A cela deux raisons :

 

La première, les BC affectionnent et choisissent de plus en plus régulièrement le ray-grass pour y faire leur nid et pondre leur œufs. Cette culture est fauchée très tôt dans la saison. A peine , la femelle a-t' elle pondu que l'agriculteur doit faucher. Il faut poser un enclos sur un nid au stade des œufs ce qui entraîne fréquemment, un abandon du nid par le couple, et donc l’échec de la nichée. Si quand bien même la femelle reste pour couver, les fauches régulières occasionnent beaucoup de dérangement pour les oiseaux, même si le nid est protégé. Il faut savoir que suite à un échec , les oiseaux ne reviennent plus.

 

La deuxième raison, est la malveillance vis-à-vis de la protection des busards. Certains propriétaires font obstacle à la protection soit en interdisant l’accès à leur champ, soit en omettant de signaler leur date de moisson. Pour les réfractaires, nous sommes parfois contraints de faire intervenir l’ONCFS pour qu’ils acceptent les mesures de protection., Ces deux dernières années, les nichées protégées ont échouées et ce, sans que les responsabilités n’ait été établies. Pour ce type de constat, seule une prise sur le fait par les autorités au moment de l’infraction est recevable.

 

 

En résumé, depuis deux ans, seuls les poussins issus de couples ayant nichés dans le blé (moisson tardive) se sont envolés. Je ne vois qu’une solution : Prélever les pontes effectuées dans les ray-grass, et les mettre en couveuse, lâcher ensuite les jeunes grâce à la méthode dite « du taquet ». Cette opération est illégale en l’absence de l’accord du propriétaire pour pénétrer dans sa parcelle, et le transport des œufs d’espèces protégées est répréhensible. Pour les pontes déposées dans l’orge d’hiver, attendre les éclosions, et déplacer les nids vers une parcelle qui sera moissonnée tardivement, avec les risques notamment d’abandon par les adultes que cela comporte. Le maintien du busard cendré en Seine Maritime est à ce prix».